Pic de Crabère
Sommets | Altitude |
Pic de Crabère | 2630m |
Pic de Canejan | 2654m |
Pic Blanc du Portillon | 2640m |
Août 2025
Distance approximative : 21kms
D+ : 2330m
Cliquer sur la carte pour accéder à la trace sur Géoportail
Une longue randonnée, jalonnée de vestiges du passé minier du Biros, jusqu'au sommet le plus occidental d'Ariège.
Le Biros, petite région située au sud-ouest de l'Ariège, a longtemps été essentiellement agricole avant le développement de l'exploitation minière du plomb et du zing au 19ème siècle. Si l'on peut lire par endroits que cette activité a rendue prospère toute la haute vallée du Lez, je ne suis pas sûr que la dite prospérité concernait tout le monde et surement pas les mineurs travaillant à 2000m d'altitude.
Les deux principales exploitations étaient celles de Bentaillou et de Bulard. Cette dernière au surnom évocateur de "mangeuse d'hommes" et localisée à 2400m d'altitude se ralliait par d'étroits chemins bordés de précipices.
La mine de Bentaillou, située à des altitudes comprises entre 1 800 m et 2 000m avait ouvert en 1853 et employait jusqu'à 500 personnes au plus fort de son activité.
Le minerai extrait était trié au pied de la montagne à 950m d'altitude, au bocard (machine servant à broyer les roches) d'Elie.
Le site d'extraction y était relié par une longue piste et l'acheminement du minerai se faisait à l'aide de charrettes à bœufs avant que des téléphériques ne simplifient le transport.
Les conditions de travail (12 heures par jour) étaient épouvantables dans un climat très rude la majeure partie de l'année.
Les victimes d'accidents et de maladies (colique du plomb, silicose) étaient nombreuses et les grèves parfois longues et dures se succédaient.
En 1927 le cours du plomb et du zinc s'effondre et l'activité minière cesse pour reprendre en 1941 avant de s'arrêter définitivement en 1955.
Si les vestiges qui subsistent peuvent passer pour les symboles inoffensifs de l'exploitation de la nature par l'homme, ils ne sont que la partie visible d'un désastre écologique.
En effet, l'obtention des minéraux ont généré des quantités considérables de résidus (400 000 m³) sous forme de boues.
Une moitié était stockée dans des dépôts tandis que l'autre était déversée dans le Lez polluant ainsi toute la vallée.
La pollution sur le site et au-delà demeure très importante à tel point que le long du GR10 des pancartes déconseillent aux promeneurs de s'arrêter pique-niquer ... ce qui n'empêche pas les vaches de brouter sur tout le secteur.
Pour plus de détail on peut consulter, entre autres, le site de l'association Systext ou celui de Curiosités des Pyrénées.
Départ du Bocard d'Elie.
Du parking il faut récupérer le GR10 qui passe devant le gite d'Elie puis tourne à gauche en suivant brièvement un ruisseau avant de monter dans les bois. La pente est assez rude, d'abord dans des hêtres puis dans une végétation plus éparse constituée de bouleaux et de sorbiers.
Vers 1500m on atteint la limite de la forêt et la vue s'ouvre sur les montagnes alentours...
Au sortir de la forêt
... et sur les premiers vestiges miniers, pylônes, rails, wagonets etc...
Vestiges industriels
Le chemin monte ensuite au milieu de vastes prairies avant de descendre légèrement aux environs de 1850m pour continuer, en balcon, jusqu'aux anciens bâtiments délabrés des mineurs.
Pic de Serre Haute, sur la droite les baraquements de Bentaillou
Les bâtiments des mineurs
Passé quelques ruines il s'élève à nouveau et après être passé devant une stèle à la mémoire de trois agents Edf emportés par une avalanche en 1960 on atteint le col 2220.
Moutons et leur peu accorte bergère (pas de réponse à mes salutations à l'aller et des vociférations épouvantables à l'adresse de ses chiens au retour).
De l'autre côté, l'étang d'Araing et son refuge.
Etang d'Araing
Le pic de Crabère est au-dessus au sud-ouest.
Pics de Crabère et de Canejan (tout à fait à gauche, à la droite de la brèche)
Arrivé à l'étang il faut remonter au col d'Auéran 300m plus haut. On quitte alors le GR pour commencer l'ascension du Crabère. Près de 500m de dénivelé sur une sente sans difficulté si ce n'est son inclinaison parfois assez forte.
Du sommet on bénéficie d'une superbe vue sur les massifs espagnols avec l'Aneto en arrière plan.
Tuc d'Ermèr et Aneto (tout au fond)
Vautour
Dimanche d'août oblige, je n'avais pas été seul depuis mon départ d'Elie. Au sommet nous étions 4 mais je savais qu'au delà je serais plus tranquille la partie hors sentier commençant alors.
Il s'agissait d'un bref parcours de crête permettant de gagner les pics de Canejan et Blanc du Portillon avant de redescendre au portillon d'Albe récupérer un sentier qui menait au col 2220 déjà franchit.
Crête du Crabère au Canejan
Pic de Crabère
Etang d'Araing, pic de l'Har et Mail de Luzes
Si le début de l'arête ne présentait guère de difficulté elle n'était cependant pas praticable jusqu'au bout. Passée une brèche rectangulaire à moitié occupée par un énorme rocher, j'ai emprunté, en traversée descendante, une bande herbeuse menant à un pierrier. J'ai ainsi pu dépasser le pic de Canejan jusqu'à atteindre une large prairie qui m'a permis de rejoindre la crête au sud-est du sommet.
La suite était simple, gagner une brèche située entre le sommet et son antécime pour suivre une langue herbeuse sur la droite avant une petite escalade facile jusqu'à un long sommet constitué de grandes dalles inclinées vers l'Espagne.
Tuc d'Ermèr
Redescente à la brèche pour se diriger vers le pic Blanc du Portillon. Il n'est alors pas loin et la pente est douce mais il faut cependant contourner une petite difficulté côté français avant d'atteindre le sommet.
Pic Blanc du Portillon, étang d'Albe et pic de Serre Haute
Estanh Nere deth Cap deth Marc et Tuc d'Ermèr
Descente facile au portillon d'Albe puis le col 2220 s'atteint rapidement par un bon sentier relativement plat. L'on rejoint alors l'itinéraire de l'aller.
Retour à Bentaillou
Au loin le pic de Maubermé
Arrivé aux bâtiments de Bentaillou, j'ai été soulagé en voyant "Point d'eau" peint en rouge sur un mur.
Je pars habituellement avec une gourde pleine d'eau et une autre vide que je remplie en cours de route dans les ruisseaux d'altitude. J'avais fait le plein au refuge d'Araing mais avec la chaleur j'avais épuisé presque toutes mes réserves et je n'avais pas osé me réapprovisionner dans des ruisseaux peut-être pollués.
Enfin désaltéré, la descente à Elie a été assez rapide.
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